Le parquet de Bobigny a saisi récemment la police des polices pour enquêter sur des présumés rackets de chauffeurs de taxis par des policiers.
Des chauffeurs de taxi victimes de chantage...de la part de policiers. L'information révélée mercredi matin par France Info sème le trouble au sein de l'institution policière. Alerté par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), le parquet de Bobigny a saisi la police des polices.
Plusieurs chauffeurs de taxis ont rapporté à l'IGPN avoir été victimes de chantages de la part de policiers, à la fin du mois d'août. Les faits se seraient déroulés lors de contrôles opérés sur l'autoroute A1, entre la porte de la Chapelle et Roissy. Quatre ou cinq policiers auraient ainsi demandé de l'argent aux chauffeurs, en échange de quoi ils renonçaient à établir un procès-verbal d'infraction, selon cette source.
Fausses infractions
Selon un porte-parole d'un syndicat de taxis parisiens, qui ne veut pas être cité, les rackets se sont déroulés "sur l'aurotoute A1 et en majorité sur l'autoroute A3 entre Bondy et la sortie de la francilienne". "Des CRS arrêtaient des collègues en leur reprochant des infractions qu'ils n'avaient pas commises et leur demandaient entre 50 et 150 euros pour ne pas rédiger de PV", raconte ce chauffeur, membre de la coordination des chauffeurs de la base-arrière des taxis de Roissy, précisant que des témoignages ont fait état plus exceptionnellement de "policiers en civil".
Les policiers auraient, selon lui, prétexté à tort des "excès de vitesse et des conduites dangereuses", mais aussi des infractions plus spécifiques au métier comme des "défauts de tarifs" ou des "défaut d'horodateurs" (relevé permettant de contrôler la durée d'utilisation journalière du véhicule). Selon ce conducteur de taxi, "une cinquantaine de chauffeurs témoins de ces faits ont signé une pétition" en juin. Les faits se seraient déroulés sur plusieurs mois, selon la même source.
Plusieurs fonctionnaires de police devraient être prochainement entendus par les enquêteurs, selon une source proche de l'enquête. "Des investigations sont en cours", a ajouté cette source. Le parquet n'a pas, à ce stade de l'enquête, ouvert d'information judiciaire.